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Mort en Flandre - Epte 5

Scénario Eriamel, dessin Darvil et Jacky Clech, couleur Nathalie Arilla

24 x 32, couverture cartonée, pelliculée, 77 pages, 67 planches BD, cahier pédagogique 6 pages agrémentées de 8 cartes + gardes formant plan de Bruges en 1127.
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Avec « Mort en Flandre », les lecteurs du Nord de la France, de la Flandre et de Belgique trouveront un récit complet sur le meurtre du comte de Flandre, Charles le Bon en 1127, et sur la crise de succession qui en découla. D’Arras à Saint-Omer, de Bruges (Brugge) à Gand (Gent), de Boulogne-sur-Mer à Alost (Aalst), de Lille à Ypres (Ieper), toute la Flandre s’embrasa.

C’est également le dernier tome de la série « L’Epte, des Vikings aux Plantagenets », puisqu’avec la mort de Guillaume Cliton à Alost, disparaît le dernier descendant mâle de la lignée de Rollon le viking, premier Duc de Normandie.

Pour les amateurs du Moyen-âge, ce récit nous mène à la confluence de deux royaumes et d’un empire : les rois des Français et des Anglais ainsi que l’empereur du Saint Empire germanique avaient tous des intérêts à défendre en Flandre

première partie (Darvil)  :   le meurtre de Charles le Bon et l'ascension de Guillaume Cliton , comte de Flandre
deuxième partie (J. Clech) : La rebellion des bourgeois de Gand et Bruges et la mort de Guillaume Cliton alors qu'il est victorieux de son rival Thierry d'Alsace.

cliquez sur le dessin pour voir quelques planches

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PREFACE

L’histoire qui est narrée ici s’est déroulée en très peu de mois, entre mars 1127 et l’été 1128. C’est à la fois l’un des épisodes les plus fameux de l’histoire du Moyen Âge, et aussi l’un des plus confus parce que incroyablement complexe. Il s’agit de la mort du comte de Flandre Charles le Bon, assassiné à Bruges en mars 1127, et de ce qui s’ensuivit jusqu’à l’été 1128. Charles fut vengé par ses amis, au cours d’une véritable guerre civile qui ensanglanta le pays durant deux mois. À cette occasion, le roi de France, Louis VI, intervint personnellement dans le comté, ce que ses prédécesseurs n’auraient pas pu faire. Depuis le Xe siècle, en effet, la Flandre est une principauté autonome évoluant en marge du royaume. Ses souverains, cependant, sont des vassaux très fidèles du roi de France et, tous les ans, ou presque, combattent à ses côtés. Deux comtes de Flandre sont d’ailleurs morts à son service entre 1050 et 1117, au combat ou des suites de leurs blessures. Le roi de France saisit en 1127 l’occasion de consolider les liens entre la Couronne et cette principauté périphérique du royaume, en s’efforçant de lui imposer un prince à lui dévoué. L’histoire serait simple si le conflit se limitait à une vengeance et à une affaire féodale dans laquelle le roi cherche à placer son homme, en l’occurrence Guillaume Cliton, neveu du roi d’Angleterre et fils du duc de Normandie emprisonné en Angleterre, Robert Courteheuse. Au fond, que l’oncle haïsse son neveu et cherche à lui nuire semble bien naturel et que le roi de France se serve d’une dissension familiale pour s’imposer en Flandre relève de la nature des choses. Le roi sort alors de son domaine et entreprend une véritable expédition guerrière pour régler la succession de Charles et imposer sa domination sur le comté.

Si l’histoire prend une telle dimension, c’est que pour la première fois on voit apparaître sur la scène féodale le peuple des villes et que celui-ci est acteur. Un acteur pleinement conscient de sa force et de sa valeur politique aussi bien que militaire. La Flandre, et particulièrement Bruges, sont riches. Là se trouve le cœur même de l’expansion européenne, appuyée sur les métiers à tisser d’une industrie drapante florissante et qui, nourrissant un commerce à longue distance intense et abondant, produit de très grandes richesses. Ce peuple de bourgeois, de propriétaires d’ateliers de tissage, de commerçants voyageant au loin et manipulant des sommes d’argent considérables, est alors totalement sujet. Il est sans droit et totalement soumis à l’arbitraire du comte et à son bon vouloir. Il profite des événements, de la guerre civile, pour acquérir de haute lutte des avantages fiscaux et, surtout, des institutions politiques. Et, une fois obtenus, il faudra les défendre. Cette histoire en effet n’a pas de happy end. En avril 1127, la vengeance est consommée et la plupart des meurtriers du comte Charles ont trouvé une mort infâmante. Le nouveau comte, Guillaume, a concédé pratiquement tout ce qu’on lui demandait. Beaucoup trop : il a amputé ses ressources fiscales et, surtout, a parfois distribué avec légèreté des revenus et des droits qui appartenaient à d’autres. Quelques mois après avoir beaucoup cédé, il revient sur sa parole, provoquant une révolte générale contre lui en Flandre. Il y perd la vie, alors même qu’il était sans doute en train de gagner militairement la partie. Le récit est ici suspendu, sans qu’il y ait vraiment de vainqueur ni de vaincus.

L’histoire ici racontée est l’un des grands moments de l’histoire de l’Europe : c’est alors que l’on voit bien sûr, le peuple prendre conscience de sa force, prendre conscience de lui-même et affirmer son droit en réclamant non pas seulement la justice, mais aussi des institutions politiques et la possibilité de contrôler le pouvoir souverain. On est ici au début d’une très longue histoire, sans doute pas encore close, et qui est la nôtre.

Or, cette histoire a trouvé un historien de génie pour la raconter, Galbert, notaire de Bruges. À vrai dire, on ne sait à peu près rien de lui, sinon qu’il devait occuper un emploi subalterne dans la chancellerie du comte, dans l’entourage du prévôt Bertulf. C’est un homme cultivé, mais pas un véritable clerc de profession : il invente avec son récit un genre littéraire inédit et qui, d’ailleurs, ne trouve ni successeur ni lecteurs immédiats. Le texte de sa chronique nous est transmis par un seul manuscrit, datant du XVe siècle, preuve que le texte ne fut absolument pas lu. Il ne pouvait sans doute pas être compris. Galbert témoigne et tient une sorte de journal des événements au fur et à mesure qu’il en est informé. Il est souvent témoin de ce qu’il raconte. Ou, lorsqu’il n’a pas vu lui-même les événements parce qu’il n’était pas sur place, il utilise des témoignages de première main. La part de la rhétorique est chez lui minimale : son style est simple, direct et très concret. Il s’attache aux hommes et sait décrire. Il aime aussi énumérer et compter, évaluer les choses qui sont détruites ou volées ou, parfois, achetées. Bref, c’est un esprit qui est très proche de nous et, surtout, c’est un visuel. Il donne à voir par ses mots.

On comprend pourquoi le sujet s’imposait : on ne peut résister à Galbert de Bruges et mettre son récit en images, tout en le contextualisant dans le contexte anglo-normand et anglo-français, était une entreprise qu’il fallait mener. Les descriptions de Galbert doivent évidemment être complétées par ce que l’archéologie nous apprend. Mais ce qu’il nous dit du paysage urbain de Bruges, des gestes quotidiens des hommes et des femmes qui la peuplent, des rites auxquels ils sacrifient appelait une mise en images. Celle-ci, foisonnante, est à l’image du récit de Galbert et de la société dont il nous parle et que Eriamel et ses complices présentent à travers la série de leurs albums. Puisse celui-ci avoir tout le succès qu’il mérite et contribuer à montrer un Moyen Âge souvent mal compris : un moment dur, âpre, mais aussi producteur de valeurs, de comportements et de gestes que nous admirons encore aujourd’hui parce qu’ils structurent encore notre présent.

Laurent Feller
Université Paris I Panthéon-Sorbonne

 

 

 

 

 

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